Il n'est pas toujours facile de prendre la vague d'un monde qui change.

Europtimist · #2 of 2

Continent cherche combativité

L'UE a cédé à Trump sans même essayer de se battre

Le 28 juillet 2025, le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont rencontrés à Turnberry, en Écosse, et ont annoncé les grandes lignes d’un accord commercial entre l’UE et les États-Unis. Les clauses en sont largement favorables aux États-Unis, me donnant comme à beaucoup d’autres l’impression que dans la guerre commerciale de Trump nous avons signé notre reddition sans même essayer de nous battre.

Les clauses de l’accord

Cet accord étant plus une poignée de main qu’un accord commercial en bonne et due forme, ses clauses tiennent en quelques lignes:

  • Les biens industriels importés de l’UE vers les États-Unis font face à des droits de douane de 15%.

  • Ces droits de douane ne sont pas réciproques : les voitures importées des États-Unis vers l’UE se verront appliquer des droits de douane de seulement 2,5%, et la Commission a proposé de réduire les droits de douane entrants à 0% sur des produits tels que les machines industrielles , les produits pharmaceutiques, certains produits chimiques, les plastiques et les engrais.

  • L’aluminium et l’acier sont exclus de l’accord, et feront toujours face à des droits de douane de 50% à l’entrée aux États-Unis.

  • Les aéronefs et les pièces d’aéronefs ne se verront appliquer aucun droit de douane, et ce de manière réciproque.

En outre, la Commission Européenne s’est engagée à ce que, avant la fin du mandat de Donald Trump, l’UE :

  • achète 750 milliards de dollars de produits énergétiques—pétrole, charbon et gaz—aux États-Unis.

  • investisse 600 milliards de dollars aux États-Unis.

Ces chiffres doivent être pris avec des pincettes puisque ces achats et investissements sont des décisions prises par des entreprises privées que la Commission ne peut pas contrôler.

Les arguments en faveur de l’accord

Les réactions immédiates ont été prudemment optimistes, seuls le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le Premier ministre français François Bayrou s’étant prononcés fermement contre. Personne, cependant, ne prétend que c’est un bon accord pour l’Europe, du premier ministre espagnol Pedro Sánchez déclarant : « Je soutiens cet accord commercial, mais je le fais sans aucun enthousiasme. », au premier ministre polonais Donald Tusk disant : « Il n’y a pas de quoi pavoiser », au chancelier allemand Friedrich Merz affirmant : « Ce résultat ne nous satisfait pas, mais dans le contexte actuel, nous ne pouvions pas espérer mieux ».

La simple existence de cet accord est apparemment un résultat positif, ce qui signifie implicitement que celui que nous avons obtenu serait le meilleur possible, car des droits de douane à 15 % restent bien plus bas que les 30 % dont Trump nous avait menacé, et qu’il apporterait de la stabilité quand nous avons bien besoin. « Nous avons évité ici un conflit commercial, qui aurait été ruineux », a déclaré le premier ministre irlandais Micheál Martin, une position reprise par la première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a insisté sur le fait que l’accord avait évité des « conséquences potentiellement dévastatrices ».

Des arguments plus techniques ont également été mis en avant en faveur de l’accord. L’un soutient que les États-Unis sont les vrais perdants de l’affaire, car les droits de douane seront en fin de compte payés par les consommateurs américains et, en protégeant les producteurs américains, les rendront moins compétitifs. La branche recherche d’un fonds d’investissement allemand a donné une explication détaillée de cet argument, reprise par le journal allemand FAZ. Ils arrivent à cette conclusion en regardant les politiques des pays d’Amérique latine comme l’Argentine dans les années 1970 ; j’ai mes doutes sur l’applicabilité du parallèle, compte tenu du pouvoir de marché des États-Unis découlant de la taille de leur économie et du statut du dollar à la fois comme moteur du commerce international et comme monnaie de réserve mondiale.

Un autre argument technique concerne l’industrie automobile : les voitures exportées des États-Unis ne feront face à aucun droit de douane en entrant dans l’UE, mais de nombreuses voitures « américaines » sont en fait fabriquées au Canada et au Mexique, et font actuellement face à des droits de douane de 25% en entrant aux États-Unis, d’où elle sont réexportées. Il n’en reste pas moins que des droits de douane non réciproques fournissent toujours une incitation aux fabricants européens à déplacer leur production vers les États-Unis.

L’argument le plus fort que j’aie pu voir n’est pas économique. Il découle de remarques faites par le commissaire au commerce de l’UE, Maroš Šefčovič le jour où l’accord a été annoncé : compte tenu du tempérament capricieux de Donald Trump, le risque était élevé que négocier plus avant sur les droits de douane l’énerve suffisamment pour qu’il change d’avis à nouveau concernant le soutien à l’Ukraine, où l’Europe dépend des États-Unis dans quelques domaines clés tels que la défense aérienne, l’intelligence satellitaire et Starlink. En d’autres termes, l’accord expose la nature systémique de notre dépendance envers les États-Unis, et c’est à nous qu’il revient de corriger cela.

Un signal politique négatif

Me former une opinion éclairée sur cet accord m’a demandé du temps. Les arguments en sa faveur sont bien construits et rationnels, et ils pourraient in fine s’avérer justes. Il me semble cependant qu’ils passent à côté de l’essentiel en se concentrant sur les conséquences économiques de l’affaire. Je crois qu’il faut regarder cet accord et ses conséquences avant tout sous l’angle politique. La question qui se pose est de savoir si dans le monde turbulent qui s’annonce, l’Union Européenne a la possibilité de décider de sa politique de manière autonome.

Cela aura aussi des conséquences économiques. L’Europe commençait à être vue comme un refuge pour les investisseurs en raison de sa stabilité, mais l’indice de confiance des investisseurs Sentix a chuté fortement après l’annonce de l’accord. Cela tombe sous le sens : en annonçant une relation déséquilibrée, l’accord implique que le dernier mot est à Washington, et qu’il n’y a donc pas plus de stabilité à attendre en Europe que ne le permet Donald Trump.

Par ailleurs, on peut difficilement passer sous silence le fait que le Royaume-Uni ait obtenu un accord plus favorable. Passant outre les détails, ils ont obtenu des droits de douane de 10% incluant l’acier, contre 15% sans l’acier pour l’UE. En voyant cela, je ne peux m’empêcher de me demander : à quoi sert la construction européenne ? C’est un projet que je soutiens avec ferveur, mais cet accord a ébranlé ma confiance. À quoi sert-il d’avoir un organe politique et administratif en commun, dont le mandat clair est de veiller aux intérêts du continent dans son ensemble, si ces intérêts auraient été mieux servis par les gouvernements nationaux ? À quoi sert-il d’avoir une monnaie unique et un marché unique couvrant des centaines de millions de personnes, dirigée au niveau continental, si cette échelle apporte une prise de décision plus lente mais aucune amélioration tangible du résultat ? À quoi sert enfin une Union qui fait pas la force ? Ce qui aurait pu être une démonstration claire de la valeur des institutions européennes donnera à la place du grain à moudre aux eurosceptiques.

Ce moment ressemble d’autant plus à une occasion manquée que nous en avions eu une répétition grandeur nature lors des négociations post-Brexit de 2017-19, avec Boris Johnson en Trump au rabais à la barre et des négociateurs britanniques qui ne rechignaient pas devant les tactiques de mauvaise foi et les « faits alternatifs ». Nous avions tenu bon alors, mais ce nouvel assaut venant cette fois des États-Unis était apparemment au-delà de nos forces.

Ursula von der Leyen doit naturellement endosser une partie de la responsabilité du résultat. Il se peut qu’elle ne soit pas aussi habile négociatrice que ne l’était Michel Barnier sur le Brexit. Mais il serait injuste qu’elle soit seule pointée du doigt. Son travail implique de trouver une position commune entre les dirigeants des États-membres de l’UE, et a donc pu se trouver limitée par leur volonté d’éviter le conflit. Je ne suis pas sûr que leur pugnacité ait été au rendez-vous.

La désescalade avant tout

Dans les mois précédant le 28 juillet, je n’ai pas eu l’impression que les dirigeants européens étaient disposés à formuler une menace crédible et à la mettre à exécution. Les éléments de langage les plus souvent répétés étaient le besoin d’éviter une guerre commerciale à tout prix. Nous l’avons entendu le 10 avril du premier ministre portugais Luis Montenegro : « La priorité absolue est de négocier avec les États-Unis », et le 17 juillet de la première ministre italienne Giorgia Meloni : « Le gouvernement travaille pour éviter une guerre commerciale […] tous nos efforts sont concentrés sur cela. » L’affirmation selon laquelle il n’y a « pas de gagnants dans une guerre commerciale » était un autre élément de langage que nous pouvions entendre en janvier de la part du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et en février de la part de Kaja Kallas, la cheffe de la politique étrangère de l’UE.

Les actions de l’UE depuis février ne font que confirmer ce sentiment qu’une approche plus ferme n’a pas été sérieusement envisagée. Un premier paquet de mesures de rétorsion limité à 21 milliards d’euros de biens (moins d’un dixième des exportations américaines vers l’UE) a été annoncé le 9 avril et suspendu dès le lendemain, suite à l’annonce par Trump d’une pause de trois mois dans les droits de douane. Ceci est l’équivalent de s’excuser auprès de quelqu’un qui vient de vous plaquer à terre. Un deuxième paquet de rétorsion couvrant 72 milliards d’euros de marchandises a été proposé le 14 juillet mais n’a jamais été adopté.

Je citerais ici le bloggeur Curtis Yarvin, figure centrale de l’alt-right : la raison pour laquelle Trump est si puissant est « parce que ses ennemis ne croient pas en eux-mêmes » (source). Mon sentiment est que nous ne croyons pas vraiment en notre capacité à nous débarrasser de notre dépendance envers les États-Unis et à tracer notre propre voie. Il semble que nous ayons du mal à accepter que l’ordre mondial qui avait cours il y a quelques mois encore soit maintenant relégué aux livres d’histoire, et nous espérons qu’en nous rendant discrets nous pourrons le préserver encore un peu.

Une politique de la préservation

Ce sentiment de perte fait partie intégrante de la politique contemporaine dans le monde occidental. Différents côtés du spectre politique mettent l’accent sur différentes dimensions de la perte : la gauche se concentre plutôt sur le changement climatique, la perte de biodiversité ou les inégalités croissantes comme signal d’une disparition de l’égalité des chances, tandis que la droite pointe plutôt du doigt la perte d’un tissu culturel commun à travers l’immigration, ou la criminalité croissante érodant un sentiment de sécurité. Mais ce qui est partagé par tous et un message politique qui met en avant la perte et le besoin de préservation, plutôt que d’offrir une vision positive de lendemains vers lesquels avancer .

La prévalence de ce sentiment de perte dans le discours politique ne se limite pas à l’Europe. Les États-Unis y sont aussi sujets que nous—il suffit de penser au slogan de Trump « Make America Great Again ». Ce que nous avons en commun est le sentiment que le monde échappe à notre contrôle, que la vie était plus facile par le passé. Ce n’est pas un sentiment injustifié : la part du G7 du PIB mondial exprimée en parité de pouvoir d’achat est tombée de 50% dans les années 1980 à 28% aujourd’hui, juste en dessous de celle des pays du BRICS, ce qui reflète l’émergence de nouveaux centres de pouvoir mondiaux.

La différence est que les États-Unis se sont ralliés autour de leur grand succès des deux dernières décennies—leur domination dans les logiciels et la technologie—comme une sorte de talisman contre ce sentiment de perte. De ce point de vue, la proximité de Trump avec les barons de la tech tombe entièrement sous le sens, tout comme le fait que les américains soient obnubilés par la technologie comme seule porte de sortie de notre crise environnementale actuelle.

La question pour nous est : quel est notre talisman ? Quel est l’objectif vers lequel nous voulons tendre à long terme ? Si nous ne pouvons pas exprimer ce pour quoi nous nous battons, nous aurons du mal à trouver notre pugnacité.

Que défendons-nous ?

« Que voulons-nous ? » n’est pas une question à laquelle on peut facilement apporter une réponse pour vingt-sept pays à la fois, mais les changements en cours dans notre monde facilitent l’obtention d’éléments communs pour y répondre, ne serait-ce qu’en creux.

Cet accord donne un ascendant politique sur l’Europe aux États-Unis. Les promesses d’investissement et d’achat d’énergie sont floues et pourraient ne jamais se concrétiser, mais elles signalent que l’Europe est prête à payer un tribut. Le leadership américain se comporte déjà comme s’il avait son mot à dire dans la politique intérieure de l’UE : quelques jours avant l’annonce de cet accord commercial, Trump a pris le temps d’ordonner aux Européens de « se ressaisir » sur l’immigration. Seulement un mois plus tard, il a menacé d’infliger de nouveaux droits de douane à tous les pays qui ne supprimeraient pas leurs réglementations numériques qui « discriminent contre les entreprises américaines », au moment même où la FTC (Federal Trade Commission, le gendarme américain du droit des consommateurs) envoyait des lettres aux grandes entreprises technologiques américaines leur enjoignant de ne pas appliquer le Digital Services Act de l’UE, qui vise à augmenter la transparence des algorithmes des plateformes en ligne. Comme le montre le récent soutien appuyé d’Elon Musk pour l’AfD en Allemagne, cela ira probablement au-delà de la réglementation: plus nous acceptons d’ingérences, plus les dirigeants américains s’accoutumeront à l’idée qu’ils déterminent notre politique.

Notre objectif politique commun devrait être au minimum d’empêcher cet état de fait. Nous devrions être capable de tomber d’accord sur les points suivants:

  • Nous ne voulons pas que la politique soit dictée par les caprices d’un président étranger et de quelques barons de la tech.

  • Nous ne voulons pas que des influenceurs conspirationnistes comme Laura Loomer aient la capacité de faire congédier des hauts-fonctionnaires.

  • Nous ne voulons pas que la science soit soumise à la censure gouvernementale, ou que les discussions sur la menace imminente de notre crise environnementale soient supprimées.

Mais nous devrions également être capable d’exprimer ces aspirations par l’affirmation de notre propre projet, et non seulement la négation de celui d’en face. Quand je vois le fondateur d’Oracle Larry Ellison s’émerveiller de la capacité de l’IA à faire que chaque citoyen « se tienne bien, parce que nous enregistrerons constamment et signalerons tout ce qui se passe » (source), je me dis que le pays vers lequel j’ai déménagé il y a plus de dix ans, attiré par une atmosphère de créativité et d’optimisme, fait face à un avenir qui pourrait être sombre. Contre l’alliance techno-césariste de la Silicon Valley avec l’alt-right et ses rêves d’un avenir post-humain où les individus n’ont pas d’importance, où la vérité dépend de qui est au pouvoir, et où l’indécence ne gêne apparemment plus, nous devons mettre en avant notre propre vision de demain, centrée sur le bien-être humain plutôt que sur la fascination pour les machines que nous construisons. Notre histoire européenne récente a fait de nous des sceptiques des utopies politiques, mais nous avons de nouveau besoin de ces forces d’imagination. Non seulement pour nous-mêmes, mais aussi en soutien aux millions d’américains qui s’opposent comme nous à cette vision.

Accepter le risque

La première étape est d’accepter que nous ne serons pas en mesure de choisir notre propre avenir sans livrer bataille. Cet accord commercial souligne les faiblesses créées par certaines de nos dépendances externes ; mais nous ne devons pas faire l’erreur de nous concentrer seulement sur nos faiblesses. Le cadre réglementaire européen est précisément l’une de nos forces, c’est pourquoi il est pris pour cible. Le revers de la médaille de notre dépendance envers les entreprises technologiques américaines est que l’Europe est un marché clé pour elles, et nous devrions être capable de donner corps à la menace qu’elles puissent en perdre l’accès.

Avec 65% du marché du cloud allant aux hyperscalers américains (Amazon, Google et Microsoft), une décision de leur part de quitter le continent perturberait certainement les opérations de nos entreprises, infrastructures des services publics. Ce serait sans nul doute douloureux. Accepter ce risque et le prendre en compte dans un scénario planifié, accepter que nous puissions avoir à faire face à l’inconfort et à la douleur, est une deuxième étape essentielle pour être en mesure de pouvoir contre-attaquer.

Nous ne pouvons en particulier pas faire l’économie d’un ajustement difficile de nos priorités politiques, qui actuellement encore découlent de décisions prises dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin, quand notre position dans le monde était beaucoup plus favorable. La disparition de toute menace venant de l’URSS a permis de réduire les budgets militaires pour soutenir l’augmentation des dépenses de santé et de retraite : au Royaume-Uni et en France, par exemple, la proportion du PIB alloué à la défense a été divisée par deux entre 1980 et 2020, tandis que celle allouée aux retraites a doublé dans la même période, et celle allant à l’Education Nationale est restée stable. Pour améliorer nos perspectives futures, nous devons investir davantage dans notre avenir, et nous ne pouvons pas le faire tout en soutenant un fardeau sans-cesse croissant de pensions de retraite.

Il ne s’agit pas de chercher des responsables pour les décisions politiques passées. Cet accord commercial s’est produit parce que ces décisions nous ont mis dans une position de faiblesse ; nous devrions endosser la responsabilité de cette situation collectivement et continuer à avancer ensemble.

Conclusion

Comme l’a récemment noté le Guardian, Trump est maintenant devenu le grand unificateur de l’Europe. Malheureusement, nous n’agissons aujourd’hui que de manière réactive à ses provocations, parce que nous n’arrivons pas à nous défaire de l’idée qu’il faut éviter le conflit à tout prix. Ce réflexe est naturel puisque la paix est au cœur historique du projet européen. Cependant, si nous avons eu le luxe de pouvoir nous concentrer sur la paix intérieure du continent, c’est parce que ce projet s’est développé sous l’égide de la puissance américaine qui en garantissait la paix extérieure. Cette époque est révolue. Comme Tony Blair l’écrivait il y a dix ans, le sens à donner à l’Europe aujourd’hui n’est pas la paix ; c’est la puissance. Nous devons nous embarquer sur un chemin de puissance européenne et de projection de puissance si nous voulons avoir une voix indépendante dans le monde.

Cela n’aura pas lieu sans devoir se battre. J’aperçois une lueur d’espoir dans ce mauvais accord commercial, dans le fait qu’il semble agir comme un électrochoc. Le jour où l’accord a été annoncé, le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a jugé « bon qu’il y [ait] un accord avec les États-Unis et pas d’escalade supplémentaire », pour ensuite déclarer seulement une semaine plus tard : « Nous avons été trop faibles. » Je ferai toujours confiance aux politiciens pour sentir le vent tourner, et je ne peux donc qu’espérer que cette volte-face reflète un sentiment plus largement partagé.

À l’heure où j’écris cette conclusion, la Commission européenne vient d’annoncer une amende de 3 milliards d’euros contre Google pour violation des règles antitrust sur plateforme publicitaire. Cette amende devait initialement être annoncée quatre jours plus tôt, avant que les objections du commissaire au commerce Maroš Šefčovič ne stoppent le processus. Il craignait que cette amende puisse compromettre l’accord commercial du 28 juillet. Quelques heures seulement après que l’amende ait été rendue publique, Donald Trump a menacé de mesures de rétorsion. Peut-être que notre pugnacité n’est pas si loin après tout.